En juin prochain, le G7 se réunira à Évian pour son 52ᵉ sommet. Cette réunion des puissances impérialistes occidentales se déroulera à quelques kilomètres seulement de Genève, sous le regard bienveillant des autorités suisses. Il est de notre devoir de nous mobiliser pour empêcher le bon déroulement de ce sommet.
Le Groupe des 7, ou G7, est une rencontre des dirigeants des principales forces économiques de l’impérialisme occidental, regroupant les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie, le Canada ainsi que le Japon. Fondé après le premier choc pétrolier au début des années 70, il a pour but de créer un espace de discussion entre dirigeants sur des thématiques telles que l’économie, la sécurité ou encore les affaires militaires. Originellement constitué de cinq nations, le groupe a rapidement intégré le Canada et le Japon, puis, pour un temps seulement, la Russie et deviendra le G8. Après le début de la guerre en Ukraine, la Russie fut suspendue du groupe, qui redevient ainsi le G7.
Au vu de l’actualité, on peut avoir l’impression que les puissances impérialistes occidentales n’ont jamais été aussi divisées. L’impérialisme guerrier de Trump et ses tendances fascisantes se heurtent aux puissances européennes et au Canada, qui cherchent à maintenir l’ordre néolibéral en place depuis plus de 20 ans. Le premier ministre canadien, Mark Carney, dénonçait lui-même en janvier dernier « les grandes puissances qui utilisent l’intégration économique, les tarifs et les infrastructures financières comme outils de coercition », une allusion à peine voilée aux USA…
Ces fractures rendent le G7 d’Évian encore plus vital pour les impérialistes occidentaux. Car leur interventionnisme violent, en Iran, au Venezuela, en Ukraine ou en Palestine notamment, est une tentative de cacher leur affaiblissement face à la montée en puissance de la Chine et de ses alliés. Ils doivent désormais imposer par la force ce qu’ils pouvaient auparavant décider par des canaux plus « diplomatiques ». Malgré leurs dissensions, ces colosses aux pieds d’argile tiennent à leur ordre mondial.
D’autant plus que la finance mondiale, qui repose encore grandement sur le dollar américain, n’aime pas le désordre lorsqu’elle ne le contrôle pas. La guerre est bonne pour les affaires, mais pas lorsqu’elle perturbe le commerce et fait chuter le cours de la bourse. Elle a donc tout intérêt à rassembler ses pantins pour tirer le meilleur profit de la situation. Derrière les tensions autour du Groenland se cache une course aux gisements gaziers et aux routes commerciales arctiques. En Iran, les États-Unis, sous couvert de vouloir renverser la République islamique, cherchent à affaiblir la Chine, leur principal concurrent. Tout comme le putsch qu’ils ont mené au Venezuela a pour objectif de contrôler la plus grande réserve de pétrole au monde, pas de lui apporter une pseudo-démocratie. À l’abri des portes feutrées des sommets mondiaux, les PDG s’assurent que les retombées de ces guerres finissent dans leur porte-monnaie.
Ne tombons pas dans le piège de la propagande occidentale: le G7 ne cherche pas à faire dialoguer les puissants pour apaiser les conflits; il leur offre un lieu tranquille pour se partager le globe. Cette année, cet endroit n’est qu’à quelques kilomètres de Genève.
Bien heureux de recevoir de tels invités, le Conseil d’État genevois a interdit toutes manifestations majeures dans le canton du 1ᵉʳ au 28 juin 2026, qu’elles soient politiques ou culturelles. Pour ne surtout pas déranger Trump, Macron, Merz et toute leur clique, la population est priée de ne pas profiter de sa ville sous peine d’amende ou de prison. Pas de fan zone, le moindre petit rassemblement sera soumis à autorisation. Par contre, la fête bourgeoise du Bol d’or, elle, est bien maintenue…
Le rôle de la Suisse et de la « Genève internationale » est souvent présenté comme un symbole de coopération et une plateforme pour la paix, mais en réalité il sert d’arrière-pays tranquille pour l’impérialisme occidental. Sa fonction de fournisseur de service pour la domination occidentale, de par sa place financière, ses banques, ses sommets et institutions internationales ou encore ses avantages fiscaux pour les multinationales, est majeure.
Notre position centrale dans le négoce des matières premières en est un exemple et révèle aussi les profondes contradictions de notre canton. Derrière l’image humanitaire que la Genève internationale brandit au monde se cache la présence de géants du trading. Glencore, Trafigura, Vitol, MSC, et bien d’autres… toutes ces entreprises sont les leaders mondiaux des destructions environnementales et du pillage des pays du Sud.
Ne soyons pas dupes ! G7, OMC, WEF, OTAN, toutes ces grandes rencontres et organisations internationales n’ont qu’un seul but : maintenir l’impérialisme occidental en place, assurer la domination des classes bourgeoises et maintenir en place leur système fondé sur le racisme, le colonialisme et le patriarcat.
Nous, qui vivons en Europe, nous trouvons au cœur de la machine capitaliste qui écrase les peuples de toute la planète. Nous sommes sur le lieu de choix des dirigeants pour se partager le monde. Il est donc de notre devoir de ne pas laisser ce sommet se dérouler sans contestation. Nous appelons toutes les organisations et les personnes révoltées par ce G7 à participer aux mobilisations qui seront organisées et à utiliser tous les moyens d’action possibles pour enrayer le bon déroulement de ce sommet.
Notre organisation sera présente dans la rue pour montrer que Genève, sa région et la Suisse ne seront jamais un lieu où les puissances impérialistes peuvent se réunir en paix sans aucune résistance.
Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !
À bas l’impérialisme et son monde !
Pour le communisme !
